Tempête

Je me demande si quand je serai vieux,
Et ma jeuness ne sera que mémoires,
Je me demande si je serai heureux.
Etant si seul, je ne peux point y croire.
Combien de femmes mes yeux ont-ils suivis?
En ésperant mes regards retournés?
Combien de rires ont semé ma folie?
Quoique paisible, secrètement tourmenté.

J’aurais voulu amour avant amie,
Comme un Chrétien, la vie avant la mort.
J’aurais donné mon cœur avec oubli,
Mais l’amitié est le plus grand trésor,
Car le voyage vaut plus que l’abordage.
J’aimerais y être sans avoir essayé.
Ah, ce voyage, il m’offre aucun soulage!
Quoique paisible, secrètement tourmenté.

Ces belles lettres, écrites avec fureur
Ne furent que mots étranglés sans pitié.
Ma langue nouée par une timide peur,
Causera-t-elle ma solitude damnée?
Je pense le mieux, mais ne dis que le pire.
Ma plume flourit, mais ma bouche est fanée.
Mon amour fou, je ne peux que l’écrire.
Quoique paisible, secrètement tourmenté.

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